Une adaptation nécessaire

Une adaptation nécessaire

Les sauvaginiers ont certainement remarqué que le comportement du gibier visé a considérablement changé depuis l’ouverture.

La saison de chasse aux migrateurs bat actuellement son plein. Au cours de l’automne, plusieurs éléments viennent modifier les m’urs et les habitudes des oiseaux pourchassés, tels la pression de chasse soutenue, la rareté de la nourriture, le gel au sol, etc. En fait, rares sont les sorties qui sont du copié-collé.

Lors d’une récente excursion, avec l’expert de chasse Dominic Hébert, je lui ai demandé de m’énumérer quelques trucs pour aider les adeptes à maintenir une certaine constance et satisfaction lors de la pratique de cette belle activité de prélèvement.

D’entrée de jeu, il tenait à souligner que les manieurs de fusil doivent réaliser que tout au long de la saison, le gibier évolue et son instinct de survie s’améliore. Il va de soi que vos techniques et stratégies doivent s’ensuivre si vous souhaitez récolter ces volatiles.

Lecture

Ce pro endossé par les firmes Foiles Championship Calls et Kent vous suggère vivement de lire tout ce que vous pouvez sur la chasse aux oiseaux migrateurs pour parfaire vos connaissances. Selon ses propos, il faut oublier les textes qui datent des années 70-80 et se concentrer sur ce qui est récent au niveau des méthodes pour déjouer la sauvagine. Consultez Le Journal, les revues spécialisées et internet. Vous pourrez ainsi connaître l’avis de plusieurs experts à propos de nouvelles approches, de techniques d’appel et de tir. Vous en apprendrez également davantage en jetant un coup d »il sur les évaluations de produits novateurs faites par des connaisseurs dans le domaine. Utilisez ces lectures pour vous inspirer et vous faire réfléchir et non pas comme une bible qui dicte une ligne directrice à suivre sans y déroger.

Préparation

Allez sur le terrain observer le gibier dans son environnement. Étudiez son comportement dans différentes situations. Cela vous donnera des indications précieuses sur ses habitudes. Ainsi, votre jeu de leurres et vos appels ne seront que plus réalistes et efficaces le moment venu. Prenez des notes sur le site convoité. Pensez à regarder où vous allez vous dissimuler. Utilisez des matériaux naturels qu’on retrouve à cet endroit. Tentez de trouver le dortoir, l’aire d’alimentation et les lieux de repos selon l’heure de la journée. Ces renseignements sont primordiaux pour espérer réussir sa prochaine sortie.

Osez

Soyez différents, arrêtez de présenter la même disposition d’appelants que tous les autres sauvaginiers nord-américains utilisent comme la fameuse configuration du «V» pour la bernache. Changez vos formations, inventez de nouveaux patrons d’agencement et expérimentez-les en situation de chasse. Soyez imaginatifs et variez vos présentations régulièrement selon vos observations. Chasser en positionnant moins de leurres que les autres adeptes est un exemple afin de faire les choses différemment. Fiez-vous à votre expérience ou à votre instinct. Par contre, notez que le mot expérience ne rime pas avec reprendre les mêmes formules jour après jour sans s’ajuster au comportement du gibier. Faites-vous confiance et sortez des sentiers battus. Démarquez-vous et soyez opportunistes!

Variations

L’erreur est de ne pas vous adapter et de garder vos mêmes habitudes coûte que coûte. Vos vieilles pantoufles, si confortables soient-elles, peuvent miner votre désir de remettre vos pratiques en question et d’évoluer en tant que nemrod. Il ne faut surtout pas s’entêter et y aller avec la même formule tout au long de la saison. Le gibier évolue selon la pression de chasse; il vous faut faire de même. Voyez les choses sous l’optique de l’oiseau convoité et non avec le regard d’un sauvaginier. Vous ne voulez pas convaincre d’autres chasseurs, mais bien des migrateurs. Une technique qui fonctionne aujourd’hui ne donnera pas les mêmes résultats le lendemain. La recette miracle n’existe pas, car chaque situation de chasse propose un nouveau défi. Il faut constamment observer et réajuster son approche pour obtenir du succès.

De tout pour tous

Il y a longtemps de cela, un boucher de St-Stanislas-de-Kostka, en Montérégie, a eu une idée plutôt surprenante que certains de ses compétiteurs qualifiaient de saugrenue. Imaginez, Raymond Himbeault partait de son patelin avec son camion et sa remorque et se rendait à l’aéroport de Dorval afin d’offrir aux Américains, qui étaient ici en transit jusqu’au lendemain, de transformer leur gibier en succulente venaison au cours de la nuit. Puis, il leur rapportait le tout au petit matin, avant qu’ils ne s’envolent. L’expérience fut plus ou moins concluante la première saison. Seulement 75 nemrods avaient alors retenu ses services. Au fil du temps, en compagnie de sa charmante épouse Lilianne, de son fils Daniel et d’une équipe chevronnée, ils ont développé un incroyable créneau. Aujourd’hui, mis à part les sauvagines et les petits gibiers, ils découpent plus de 5000 gros gibiers annuellement, et ce, même s’il y a moins de chasseurs américains et de caribous. Daniel, qui est maintenant à la tête de la Boucherie Himbeault, tenait à souligner les 30 ans de services de son père, qui se rend encore à quatre ou cinq reprises par semaine à l’aéroport de Dorval pour recueillir les bêtes qui doivent être transformées ou pour livrer la viande aux gens qui lui donnent rendez-vous. Pour en savoir plus 450 377-1128 ou www.himbeault-gibier.com

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