Un consortium avec Vinci signe un méga-contrat pour un tunnel immergé Danemark-Allemagne

Un consortium avec Vinci signe un méga-contrat pour un tunnel immergé Danemark-Allemagne

COPENHAGUE (AFP) – 

Le groupement Femern Link Contractors, qui comprend Vinci, a signé lundi trois contrats d’un montant total de 3,4 milliards d’euros pour la construction d’un tunnel immergé entre l’Allemagne et le Danemark.

Ce projet doit déboucher sur le plus long tunnel immergé routier et ferroviaire au monde, reliant sur 19 kilomètres la région danoise du Lolland-Falster à la région allemande du Schleswig-Holstein, en passant sous la Baltique.

Femern A/S, le maître d’oeuvre, ne donne plus d’estimation, mais son coût est évalué à entre 7 et 8 milliards d’euros.

Le groupement a signé à Copenhague avec le gouvernement danois des contrats pour les trois lots portant sur le tunnel immergé, l’usine de construction des éléments préfabriqués du tunnel et les rampes et ponts d’accès, précise Vinci dans un communiqué.

Le groupement comprend Vinci Construction Grands Projets, Per Aarsleff Holding, Soletanche Bachy International (une filiale de Vinci), CFE, Wayss und Freytag Ingenieurbau, Max Bögl Stiftung and Co, BAM Infra et BAM International.

Le tunnel constituera un lien important entre la Scandinavie et le reste de l’Europe continentale, remplaçant une liaison maritime entre Rødbyhavn, dans le sud-est du Danemark, et Puttgarden, dans le nord de l’Allemagne.

Il doit permettre de relier l’Allemagne au Danemark en 10 minutes en voiture et en 7 minutes par train, au lieu d’une heure de ferry pour traverser le détroit du Fehmarn Belt, ou d’un détour de 160 kilomètres par la région danoise du Jutland.

Les liaisons ferroviaires seront également accélérées, alors qu’actuellement les wagons sont chargés sur les ferries.

« Il sera possible, par exemple, de relier Copenhague à Hambourg en deux heures et demie. Aujourd’hui, le même voyage en train prend quatre heures et demie », affirment les promoteurs du projet.

– Procédures judiciaires –

Les travaux, après l’approbation du Parlement danois en mai, attendent encore des autorisations en Allemagne avant d’être lancés. Il faudra d’abord que diverses procédures judiciaires lancées par des opposants au projet aillent à leur terme, et elles devraient s’étaler sur des années.

En décembre, le ministre des Transports danois Hans-Christian Schmidt disait au magazine allemand Trans Aktuell compter sur un démarrage des travaux en 2019 au plus tôt. En comptant huit ans et demi de chantier, « on arrive vite à 2027 comme date d’achèvement, mais personne ne sait », soulignait-il.

« Du fait des retards qu’ont pris les autorisations administratives en Allemagne, nous sommes dans une situation difficile: les travaux de construction du tunnel ne peuvent pas commencer, mais nous souhaitons garder les prix intéressants qu’a obtenus Fermen A/S en septembre » 2015 dans le cadre de l’appel d’offres, commentait-il en mars.

Les contrats sont valables jusqu’à fin 2019, avec possibilité de les renégocier à cette date.

Le projet est beaucoup plus populaire au Danemark, pays qui a financé les études préparatoires avec l’aide de l’Union européenne, qu’en Allemagne, où des écologistes ont saisi les tribunaux en invoquant la protection de l’écosystème de l’île de Fehrman, halte pour les oiseaux migrateurs.

Une autre procédure, contre les financements de l’Union européenne, a été intentée par la compagnie maritime Scandlines.

En janvier 2015, le gouvernement danois prévoyait un trafic de 3 millions de voitures, 550.000 poids lourds et 35.000 par an. Les premiers utilisateurs devaient être les Danois (à 31%), devant les Allemands et les Suédois.

© 2016 AFP

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