Russie , le parti de Vladimir Poutine en passe de remporter les législatives avec une majorité absolue

Russie , le parti de Vladimir Poutine en passe de remporter les législatives avec une majorité absolue

Russie unie, le parti du président Vladimir Poutine,  devrait remporter une écrasante majorité à la Douma après les législatives de dimanche 18 septembre. Selon la Commission électorale centrale, la formation a obtenu la majorité absolue avec 54,3 % des voix, après le décompte de plus de 90 % des bulletins de vote.

Selon des projections, Russie unie semble pouvoir obtenir au moins 338 des 450 sièges à la Douma, la chambre basse du Parlement, où elle en détenait 238. Avec plus des deux tiers des députés, le Kremlin aurait un contrôle sans précédent de la Douma et pourrait faire adopter encore plus facilement des révisions constitutionnelles.

Le parti libéral démocrate (LDPR, extrême droite) et le Parti communiste (PC) sont au coude-à-coude avec respectivement 13,3 % et 13,5 % des suffrages. Le parti nationaliste du très populiste Vladimir Jironovski améliore ainsi son score de 3 points par rapport à 2011 alors que les communistes en perdent plus de 5. Le parti pro-Kremlin Russie juste recueille pour sa part 6,2 % et siégera à la Douma.

Ces trois partis ne sont pas considérés comme des formations d’opposition et votent généralement à l’unisson de Russie unie.

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A contrario, les opposants libéraux de Parnas ne réunissent qu’un très symbolique 0,66 % après une campagne où ils ont comme de coutume été boudés ou moqués par les télévisions d’État. Même scénario pour le parti d’opposition social-démocrate Iabloko qui a espéré, en vain, qu’il obtiendrait un siège, unique, à la Douma.

« Très bon résultat », selon Poutine

« On peut dire clairement que notre parti a gagné », s’est félicité le Premier ministre, Dmitri Medvedev, tête de liste de Russie unie, qui avait pronostiqué l’obtention de la « majorité absolue » à la Douma. « On peut dire avec certitude que le parti a obtenu un très bon résultat » malgré une participation « pas la plus élevée mais quand même importante », s’est réjoui à ses côtés Vladimir Poutine, lors d’un déplacement au siège du parti, en saluant la « maturité politique grandissante » des électeurs russes.

Pour le chef de l’État, ces élections étaient d’autant plus importantes qu’elles sont la dernière consultation nationale avant la présidentielle de 2018, où personne en Russie n’imagine que Vladimir Poutine ne se présentera pas pour un quatrième mandat.

Ombre au tableau toutefois pour le Kremlin : la faible participation, signe que les Russes ont boudé le scrutin ou qu’ils le considéraient joué d’avance. Selon la Commission électorale, 47,8 % des électeurs ont voté, contre 60% en 2011.

Dans les deux principales villes du pays, Moscou et Saint-Pétersbourg, la participation était encore plus faible, à la fois par rapport à la tendance nationale et aux précédentes législatives, après une campagne morne dans un pays en récession depuis 18 mois.

Plus de transparence

« Dans nombre de régions, la participation n’était pas très élevée puisque les citoyens n’ont pas été dument informés du lieu où se trouvait leur bureau de vote », a déclaré très sérieusement la déléguée du Kremlin pour les droits de l’Homme, Tatiana Moskalkova.

Contrairement aux législatives de décembre 2011, marquées par des fraudes et à la suite desquelles des centaines de milliers de manifestants étaient descendus dans la rue, le Kremlin avait voulu donner plus de transparence au processus électoral.

Le président russe avait ainsi placé à la tête de la commission électorale centrale l’ex-déléguée aux droits de l’Homme auprès du Kremlin, Ella Pamfilova, pour remplacer Vladimir Tchourov accusé par l’opposition d’avoir manipulé les résultats de plusieurs élections.

Les travaux de la commission électorale étaient diffusés en direct sur la chaîne publique d’information en continu et, fait nouveau, on y discutait des éventuelles fraudes dans certaines régions, comme de bourrage des urnes.

« Nous avons la certitude absolue que les élections se sont déroulées de manière tout à fait légitime », a affirmé Ella Pamfilova, malgré les vidéos éloquentes de bourrages d’urnes, comme à Rostov-sur-le-Don (sud-ouest).

Avec AFP

Première publication : 19/09/2016

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