Poutine fait un pas vers les Européens après 2 ans de sanctions

Poutine fait un pas vers les Européens après 2 ans de sanctions

SAINT-PÉTERSBOURG (AFP) – 

Vladimir Poutine, s’est dit prêt vendredi à faire un pas vers les Européens, souhaitant que cela ne soit pas « à sens unique » alors que l’UE s’apprête à prolonger des sanctions qui ont contribué à plonger l’économie russe dans la récession.

« Nous ne sommes pas rancuniers, et nous sommes prêts à faire un pas vers nos partenaires européens », a déclaré le président russe au Forum économique international de Saint-Pétersbourg.

Cela « ne peut pas être, bien entendu, à sens unique », a-t-il ajouté, alors que l’Union Européenne vient de voter la prolongation d’un an des sanctions décrétées après l’annexion par Moscou de la péninsule ukrainienne de Crimée, et qu’elle devrait prolonger également la semaine prochaine d’autres sanctions, plus lourdes économiquement, décrétées contre la Russie en raison de son implication présumée dans le conflit dans l’est de l’Ukraine.

La veille, à ce même forum, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avait douché les espoirs d’une levée rapide des sanctions.

Plus globalement, alors que la crise ukrainienne a provoqué de vives tensions avec les Occidentaux, le président russe mis en garde contre une nouvelle Guerre froide.

« Si nous continuons à suivre une telle logique, en aggravant la situation et en multipliant les efforts pour se faire peur, alors à un moment ou à un autre, nous aurons la Guerre froide », a-t-il déclaré.

Voulu comme une vitrine des promesses que présente l’économie russe pour les investisseurs étrangers, le Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF) accueillait le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev et le Premier ministre italien Matteo Renzi.

– « Tourner la page »-

Ce dernier, venu à la tête d’une importante délégation pour signer des accords commerciaux, a souligné sa volonté de « renforcer » les liens des pays membres de l’UE, notamment de l’Italie, avec la Russie.

M. Renzi est notamment critique des sanctions européennes, qui ont contribué à plonger la Russie en récession avec l’effondrement des prix du pétrole, source de revenus vitale pour Moscou.

« Les sanctions (…) affectent négativement les entreprises russes et européennes. Les deux côtés en souffrent », a-t-il regretté. « Afin de tourner cette page (…) nous devrions tous faire des efforts », a-t-il dit alors que Moscou a menacé de prolonger jusqu’à fin 2017 son embargo sur des produits alimentaires de l’UE, une mesure qui pèse financièrement sur les agriculteurs européens.

A quelques mois de législatives en Russie et alors que le pays traverse la plus longue période de récession depuis son arrivée au pouvoir en 2000, Vladimir Poutine a promis des « changements structurels » pour l’économie russe. « Nous nous fixons pour objectif d’atteindre des taux de croissance économique d’au moins 4% par an », a-t-il affirmé.

– Hooligans et dopage –

La présence annoncée du chef du gouvernement italien, et celle du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker jeudi à l’ouverture du forum, avaient relancé les questions sur un possible adoucissement de la position de l’UE face à son grand voisin russe.

Mais M. Juncker a rapidement douché leurs espoirs: l’application totale des accords de paix de Minsk pour l’est de l’Ukraine « est le seul moyen de commencer notre conversation et le seul moyen de lever les sanctions économiques imposées », a-t-il martelé.

Parallèlement à ces questions, Vladimir Poutine s’est exprimé sur les sujets sensibles du moment: l’Euro 2016 et les violences commises par des supporters russes en marge du match Russie-Angleterre, et le scandale de dopage dans l’athlétisme russe.

Tout en condamnant les hooligans, le président russe a ironisé sur la capacité de « 200 supporters russes » à « passer à tabac plusieurs milliers d’Anglais ».

Il a également martelé que la Russie ne disposait pas de programme « de dopage organisé par l’Etat », répondant à une accusation formulée en novembre par l’Agence mondiale antidopage, alors que les athlètes russes attendaient la décision de la Fédération internationale d’athlétisme pour savoir s’ils seraient privés de jeux olympiques cet été à Rio.

Par Germain MOYON et Marina KORENEVA

© 2016 AFP

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