Medivation rejette l’offre de Sanofi qui reste déterminé à poursuivre leur rapprochement

Medivation rejette l'offre de Sanofi qui reste déterminé à poursuivre leur rapprochement

PARIS (AFP) – 

Medivation a « unanimement » rejeté vendredi l’offre d’achat de Sanofi pour 9,3 milliards de dollars, la jugeant sous-évaluée, mais le géant pharmaceutique français s’est aussitôt dit « déterminé » à poursuivre ce rapprochement, si nécessaire par une offre publique d’achat (OPA) hostile.

« Malgré le refus aujourd’hui de Medivation d’entamer des discussions dans le cadre d’une transaction créatrice de valeur, Sanofi reste déterminé à poursuivre ce rapprochement et à engager le dialogue directement avec les actionnaires de Medivation », a immédiatement réagi Sanofi dans un communiqué.

Le conseil d’administration de Medivation, qui développe des traitements anti-cancéreux prometteurs, a conclu « unanimement » que le prix proposé de 52,50 dollars par action sous-évaluait la valeur de la société et n’était pas dans l’intérêt de ses actionnaires, selon un communiqué de la biotech de San Francisco.

« La proposition opportuniste de Sanofi, qui tombe à un moment où le marché est en pleine dislocation et avant plusieurs événements importants pour l’entreprise, est conçue pour prendre la valeur qui revient de droit à nos actionnaires », a expliqué le fondateur et patron de Medivation, David Hung, cité dans le communiqué.

Vendredi matin, le directeur général de Sanofi Olivier Brandicourt espérait encore pouvoir dialoguer avec les dirigeants de Medivation « sur une base amicale », mais le ton est désormais clairement hostile.

« Nous sommes confiants dans le fait que les actionnaires de Medivation finiront par partager notre certitude que notre offre (…) créera une valeur en espèces significative et immédiate », car payable en numéraire, avait ajouté M. Brandicourt lors d’une conférence téléphonique à l’occasion des résultats du premier trimestre de Sanofi.

Medivation est spécialisée dans des traitements innovants contre le cancer, une aire thérapeutique en forte croissance, mais dans laquelle Sanofi est actuellement en perte de vitesse.

L’unique médicament de Medivation sur le marché pour le moment, Xtandi, a généré l’an dernier un chiffre d’affaires 2,2 milliards de dollars (1,9 milliard d’euros), soit davantage que l’ensemble des activités en oncologie de Sanofi l’an dernier.

Par ailleurs les ventes de Xtandi devraient fortement croître cette année et Medivation a deux autres anti-cancéreux prometteurs en cours de développement.

– Sanofi creuse ses pertes en Bourse –

Au vu de ce potentiel, les analystes tablaient sur un rejet de l’offre de Sanofi, lui prédisant « une bataille au long cours » pour l’emporter, comme pour l’acquisition de Genzyme en 2011, une autre biotech américaine, qui lui avait coûté 20 milliards de dollars.

Par ailleurs, les analystes n’excluaient pas des surenchères émanant d’autres groupes pharmaceutiques.

L’action Sanofi creusait ses pertes à la Bourse de Paris après le refus de Medivation, abandonnant 6% à 71,62 euros à 16H25 (14H25 GMT), sur un indice CAC 40 en recul de 2,53%.

Le titre était déjà dans le rouge depuis le début de la séance, en raison de résultats du premier trimestre inférieurs aux attentes du marché, bien que jugés « solides » par M. Brandicourt.

Le bénéfice net sur la période a augmenté de 6,3% à 1,087 milliard d’euros, pour un chiffre d’affaires en repli de 3,3% à 7,78 milliards d’euros.

Cependant ces résultats publiés n’incluent pas les activités de sa division de santé animale Merial, que le groupe a prévu d’échanger d’ici la fin de l’année avec l’allemand Boehringer Ingelheim contre ses actifs de santé grand public.

En incluant Merial, le bénéfice net trimestriel atteint 1,7 milliard d’euros, en repli de 0,2% (+3,5% à taux de change constants) tandis que le chiffre d’affaires monte à 8,5 milliards d’euros, en repli de 1,9% en raison d’un effet de change défavorable, en particulier lié à la crise au Venezuela (+0,7% à taux de change constants).

Sanofi a maintenu vendredi son objectif annuel d’un bénéfice net par action (BNPA) des activités (un indicateur qui exclut certains éléments volatils) « globalement stable » à taux de change constants. Au premier trimestre le BNPA était de 1,34 euro, en hausse de 5,3% à devises constantes.

Si Genzyme (maladies rares), Sanofi Pasteur (vaccins), Merial et les marchés émergents ont tiré la croissance au premier trimestre, l’activité du groupe dans le diabète a continué de faiblir (-4,5% à taux de change à 1,73 milliard d’euros), surtout en raison de baisse des prix aux Etats-Unis du Lantus, le produit phare de la franchise, et les ventes de l’anti-cholestérol Praluent connaissent un démarrage poussif.

Par Etienne BALMER

© 2016 AFP

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