Incertitude autour du dernier convoi d’évacués d’Alep-Est

Incertitude autour du dernier convoi d'évacués d'Alep-Est

La Russie affirme, en fait, « que toutes les femmes et tous les enfants se trouvant dans les quartiers sous contrôle des combattants ont été évacués » et que ne restent plus sur les lieux, que des combattants radicaux en voie d’être liquidés.

Un général syrien, interrogé par l’AFP, affirme pour sa part que l’opération était « suspendue », pas « finie ».

Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu affirme de son côté que le dernier convoi, qui devait quitter la partie orientale de l’agglomération avait été bloqué et que des négociations étaient en cours avec la Russie, l’opposition syrienne et des représentants du régime de Damas.

Selon l’organe de communication militaire du Hezbollah libanais, dont les combattants prêtent main-forte aux forces syriennes, des « manifestants » bloquent le passage des bus pour réclamer l’évacuation des villages chiites de Foua et Kefraya, prévue dans le cadre de l’accord sur Alep. Une journaliste de Reuters a confirmé qu’une manifestation avait lieu.

Les équipes de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et du Croissant-Rouge ont quant à elles reçu l’ordre de se retirer, a annoncé un responsable de l’OMS, ajoutant que cet ordre venait probablement de la Russie.

la situation militaire est très calme sur le terrain où aucun bruit d’armes légères ni lourdes n’était entendu en dehors de très brefs tirs dans la matinée, selon un correspondant de l’AFP sur place.

Le ministre des Affaires étrangères turc affirme que 7500 personnes ont été sauvées, tandis que l’armée russe affirme avoir évacué plus de 4500 rebelles et 337 blessés, pour un total de 9500 personnes évacuées d’Alep.

L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a estimé de son côté le nombre des personnes évacuées à environ 8500, dont quelque 3000 combattants.

Les médias officiels ont, eux, parlé de quelque 8000 évacués.

 

Poutine veut prendre l’initiative

Alors que les armes semblaient s’être tues au terme de 6 ans de guerre et 15 mois après l’intervention militaire de la Russie dans ce conflit, Vladimir Poutine a déclaré vendredi que son objectif était désormais d’établir un cessez-le-feu dans l’ensemble de la Syrie.

En visite au Japon, le président russe a ajouté qu’il s’était entendu avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan pour proposer l’organisation de nouvelles négociations de paix à Astana, la capitale du Kazakhstan. « Il est temps de passer à une résolution politique du conflit syrien », a-t-il insisté.

La Turquie accueillera les blessés

Des responsables turcs ont indiqué vendredi qu’Ankara accepterait sur son territoire tous les blessés et malades nécessitant des soins. Ils ont ajouté que les autres réfugiés seraient dirigés vers un camp pouvant accueillir 80 000 personnes qui va être dressé du côté syrien de la frontière, dans un secteur sécurisé par l’intervention militaire menée depuis cet été par la Turquie dans le nord de la Syrie.

L’accord de cessez-le-feu et d’évacuation d’Alep-Est a été conclu par la Russie et la Turquie, parrains respectifs du régime de Bachar Al-Assad et de certains groupes rebelles présents dans la grande ville du nord de la Syrie.

Une première tentative de trêve avait tourné court mercredi, des milices pro-iraniennes qui participent à l’offensive à Alep ayant semble-t-il insisté pour obtenir l’évacuation des villages chiites de Foua et Kefraya, assiégés par les rebelles dans la province d’Idlib.

Selon les médias officiels syriens, un convoi de bus et d’ambulances s’est rendu jeudi dans ces deux villages, dont des milliers d’habitants pourraient être évacués. Mais l’opération n’avait toujours pas commencé vendredi matin.

Selon le Hezbollah, des rebelles ont bombardé une route qui devait servir à évacuer les blessés des deux villages.

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