Gingras était une centrale téléphonique de plaintes

Gingras était une centrale téléphonique de plaintes

JOLIETTE | Le maire de L’Assomption Jean-Claude Gingras avait lancé une véritable guerre ouverte contre le chef de police de la municipalité. Une grande tension régnait à l’hôtel de ville.

L’ex-directeur général de L’Assomption, Jean Lacroix, a défendu son maire, dont le procès en destitution se poursuit à Joliette, mais il a tout de même reconnu qu’il y avait une grande tension à l’hôtel de ville. «J’ai entendu les employés le traiter de gros épais d’alcoolique, de poule pas de tête, c’était de cet ordre-là», a-t-il relaté.

Guerre contre la police

Selon Jean Lacroix, tout le monde était au courant que le maire, arrêté pour conduite en état d’ébriété en janvier 2014, avait l’intention de renvoyer son chef de police et cherchait matière à lui reprocher pour le suspendre.

«Le maire criait et blasphémait à la grandeur de l’hôtel de ville. Tu vas le faire. Tu vas le renvoyer, sinon c’est moi qui vais le faire!’»

Le maire aurait dit à son directeur général être débordé par les plaintes de citoyens au sujet des constats d’infractions émis pour des pots d’échappement bruyants et non conformes. «On a plein de plaintes. Je suis une centrale téléphonique de plaintes! La police se venge», aurait dit le maire à Jean Lacroix, en lui demandant de vérifier ce qui se passait auprès du chef de police.

Rien à reprocher

Selon Jean Lacroix, des citoyens seraient venus narguer les policiers en tournant en rond dans le stationnement avec leurs véhicules. «Et les policiers, pour se venger, auraient émis des constats d’infraction pour des silencieux non conformes», une histoire que le juge a qualifiée de rocambolesque.

«Mais après vérification auprès des policiers impliqués, je n’avais pas matière à leur reprocher quoi que ce soit», a précisé M. Lacroix.

Relations de travail

Après avoir incité son maire à consulter un spécialiste en relations de travail, Jean Lacroix aurait assisté, sur ses recommandations, à une rencontre du maire avec son chef de police. «Ils se détestaient, ces deux-là. La tension était telle que si quelqu’un avait eu un geste violent, ça aurait pu dégénérer.»

Jean-Claude Gingras invoque toujours des raisons de santé pour ne pas se présenter en cour depuis le début de son procès en destitution mené par la Ville de L’Assomption et la Procureure générale du Québec. Son avocat promet qu’il viendra témoigner le 5 décembre prochain.

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