CGT-Energie, des centaines de milliers de foyers passés en tarif heures creuses

CGT-Energie, des centaines de milliers de foyers passés en tarif heures creuses

PARIS (AFP) – 

La CGT-Énergie a revendiqué jeudi matin le passage en tarif heures creuses de « plus de 1.100.000 abonnés en région parisienne » ainsi que de multiples actions contre le projet de loi réformant le droit du travail, un chiffre minoré par le gestionnaire du réseau de distribution d’électricité Enedis (ex-ERDF).

Un arrêt de travail allant d’une heure à la journée entière jeudi a été voté dans 16 des 19 centrales nucléaires françaises.

A 9H30, la fédération des mines et de l’énergie (FNME-CGT) a recensé dans un communiqué « plus de 1.100.000 abonnés en région parisienne qui ont été basculés en heures creuses ». Interrogé par l’AFP, Enedis évoquait de son côté 500.000 clients concernés en Ile-de-France, tandis qu’EDF n’a pas souhaité s’exprimer.

Ces actions baptisées « opérations Robin des Bois » ont également été menées à Lorient (Morbihan) ou encore dans la région de Cherbourg (Manche) où, selon Catherine Melet (CGT-Énergie), plus de 100.000 personnes étaient concernées. Le secteur concerné inclut la Hague où se trouve l’usine de retraitement des déchets nucléaires d’Areva.

Parmi les autres opérations menées, la CGT fait état d’occupations ou de blocages de sites électriques et gaziers, de rassemblements et de barrages filtrants, notamment devant les centrales nucléaires de Flamanville (Manche), Gravelines (Nord), Paluel et Penly (Seine-Maritime).

De son côté, la direction d’EDF a fait état à la mi-journée d’un taux de grévistes de 8,74% « au niveau national ce matin ».

A Marseille, l’électricité a été coupée par une soixante d’agents d’Enedis et Engie sur le site du Merlan (XIVe arr.) et les pneus des voitures de service dégonflés, a rapporté à l’AFP Gilbert Benhamou (CGT). « Nous manifestons contre la loi Travail mais aussi pour défendre notre statut de 1946 qui est attaqué. Dans notre secteur, le social était financé dans les entreprises par un prélèvement de 1% sur ce qui est vendu. Mais les nouveaux distributeurs comme Poweo ne paient pas ce prélèvement », a-t-il déploré.

Dans certaines centrales nucléaires, des baisses de charge ont été enregistrées, selon le syndicat, qui mentionne également des « coupures d’électricité et de gaz » à Tulle (Corrèze), fief de François Hollande.

Interrogé par l’AFP, le gestionnaire du réseau national à haute tension RTE a indiqué que ces opérations n’entraînaient pas de problème d’approvisionnement électrique en France.

« Il n’y a pas de difficulté particulière à assurer l’alimentation électrique des Français », a indiqué un porte-parole. « Les moyens de production disponibles en France, que ce soit les moyens de type nucléaire, mais aussi hydrauliques, thermiques, solaires et éoliens, permettent de couvrir les besoins électriques des Français », a-t-il ajouté.

Une coupure d’électricité géante, qui a débuté peu avant 11H00 jeudi, a cependant privé de courant pendant 1h30 environ 125.000 foyers de la région de Saint-Nazaire, La Baule, Donges mais aussi Guérande, à la suite d’une action de protestation contre la loi travail dans un poste à haute tension, selon le gestionnaire de réseau.

La CGT a précisé par ailleurs que « les salariés ERDF du 77 et du 91 ont accepté la réquisition pour permettre le rétablissement du courant dans les communes inondées ».

© 2016 AFP

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