Ce que vous devez savoir sur les primaires de la droite française

Ce que vous devez savoir sur les primaires de la droite française

1. Est-ce la première fois qu’il y aura des primaires en France’ Pourquoi en tenir’

C’est une première pour la droite, mais pas pour la gauche, qui avait déjà tenu des primaires en 2011.

« C’est à la fois pour répondre à une revendication de l’électorat, qui avait aimé le principe de la primaire socialiste, et aussi pour pouvoir trancher entre de multiples candidats », soutient Raphaëlle Bacqué, journaliste au quotidien Le Monde.

Tous les électeurs français, sans égard à leur appartenance politique, peuvent voter. Ils doivent cependant signer un document dans lequel ils indiquent « partager les valeurs de la droite républicaine et du centre » et payer 2 euros (environ 3 $). Les Français de l’étranger pourront également voter.

Le camp Sarkozy s’inquiète du fait que des électeurs de gauche pourront voter pour Alain Juppé afin de nuire aux chances de l’ex-président. Mais en réalité, « le risque est minime et négligeable », pense Mme Bacqué.

« J’ai quand même un petit doute sur le fait que des électeurs de gauche vont signer un document disant qu’ils partagent des valeurs de droite et du centre », soutient pour sa part Bruno Cautrès, chercheur au Centre de recherches politiques de Sciences Po à Paris (CEVIPOF).

Selon des enquêtes menées par le CVIPOF, de 8 % à 9 % des gens qui disent vouloir participer à la primaire ont une sympathie de gauche.

En 2011, le Parti socialiste et le Parti radical de gauche avaient organisé une primaire ouverte avec cinq candidats à laquelle avaient pris part près de 3 millions de personnes.

2. Qui sont les candidats’


Les candidats à la primaire de droite pour la présidentielle 2017 Nicolas Sarkozy, Alain Juppé et François Fillon, lors du débat du 3 novembre 2016 à la salle Wagram, à Paris. Photo : Getty Images / Eric FEFERBERG

Les trois favoris dans les sondages sont :

– Alain Juppé, 71 ans

Le maire de Bordeaux et ancien premier ministre fait figure de favori dans les sondages opposant les candidats à la primaire. Il se présente comme un vieux sage, expérimenté et rassembleur.

« Alain Juppé est celui qui est le plus de centre droit; il rassemble assez bien les centristes », résume Raphaëlle Bacqué.

– Nicolas Sarkozy, 61 ans

L’ancien président, qui a fait campagne en misant sur la sécurité et l’identité, essaie de récupérer une partie des électeurs tentés par le Front national.

C’est un étatiste, mais dans une version autoritaire et plus proche de l’extrême droite, notamment sur l’islam et les immigrés.

Raphaëlle Bacqué, journaliste au quotidien Le Monde.

– François Fillon, 62 ans

L’ancien premier ministre est dans le paysage français depuis des décennies

« C’est un libéral à l’anglaise. Il est à la fois conservateur sur le plan des m’urs (par exemple, il est plutôt contre le mariage gai) et très libéral sur le plan économique », pense Mme Bacqué.

Les autres candidats sont :

Bruno Le Maire, 46 ans, ancien ministre de l’Économie et député de l’Eure; il veut réincarner le renouveau des élites politiques.
Jean-François Copé, 52 ans, député-maire de Meaux; il se veut le représentant d’une « droite décomplexée ».
Nathalie Kosciusko-Morizet, 43 ans; elle a occupé plusieurs postes au sein du parti les Républicains. Libérale sur les questions économiques, elle est plutôt progressiste sur les questions sociales.
Jean-Frédéric Poisson, 56 ans, président du Parti chrétien-démocrate et député des Yvelines.

Malgré la proximité entre les programmes, il y a des différences entre les candidats. Ce n’est pas exactement la même droite qu’ils représentent.

Bruno Cautrès, chercheur au Centre de recherches politiques de Sciences Po à Paris (CEVIPOF)

Si aucun des candidats ne remporte la majorité, il y aura un deuxième tour le 27 novembre.

3. Pourquoi s’intéresser à la primaire’


Bruno Le Maire, Nathalie Kosciusko-Morizet, Nicolas Sarkozy et Jean-Frédéric Poisson attendent la fin de l’intervention de Jean-François Copé lors du deuxième débat des Républicains, le 3 novembre 2016, à la salle Wagram, à Paris. Photo : Getty Images / Eric Feferberg

Le vainqueur de la primaire de la droite a de bonnes chances de remporter l’Élysée au printemps prochain.

En effet, le président François Hollande atteint des records d’impopularité, qui plombent également son parti. Plusieurs facteurs jouent dans cet échec des socialistes, dont « l’absence de bons résultats économiques, notamment en matière de chômage », croit Bruno Cautrès.

Dans ce contexte, il est hautement improbable qu’un candidat du Parti socialiste se qualifie pour le deuxième tour. « Ça se passera entre la droite et l’extrême droite », croit Raphaëlle Bacqué.

C’est presque une mission impossible [pour les socialistes].

Bruno Cautrès, chercheur au Centre de recherches politiques de Sciences Po à Paris (CEVIPOF)

4. Qu’en est-il de la primaire de la gauche’

Le Parti socialiste et ses alliés tiendront une élection primaire le 22 janvier 2017 (avec un deuxième tour prévu le 29 janvier). Le principe est le même que pour la droite, c’est-à-dire que tous les électeurs peuvent y participer, dans la mesure où ils affirment croire aux valeurs de la gauche.

On ne sait pas encore si François Hollande sera candidat, ce qui serait une étape indispensable s’il veut se représenter à la présidence.

Manuel Valls, le premier ministre, sera de la course si François Hollande ne l’est pas.

Arnaud Montebourg, ancien ministre du Redressement productif, s’est aussi manifesté, ainsi que trois autres politiciens de gauche moins connus.

5. Quelles sont les prochaines étapes’

Le premier tour de l’élection présidentielle aura lieu le 23 avril 2017, et le deuxième, le 7 mai.

Parmi les autres candidats, qui ne passeront pas par le processus des primaires, on trouve Marine Le Pen, chef du Front national, Emmanuel Macron, du mouvement En marche! et Jean-Luc Mélenchon, du Parti de gauche.

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