Bénévole à Nez rouge une tradition de père en fils

Bénévole à Nez rouge une tradition de père en fils
Un reportage de Maxime Corneau  

Christian, dans la soixantaine, est bénévole depuis 17 ans. Chaque année, le retraité donne cinq semaines à l’opération. « Je vais en Floride toutes les années, mais je tiens à garder cette période de bénévolat là. Le lendemain, je suis embarqué dans le camion et je suis parti en Floride ».

Son fils Nicolas, un militaire dans la trentaine, se joint à lui quelques soirs par année depuis 8 ans. Pas question d’avoir un autre partenaire que son papa. « Je ne l’ai jamais fait sans mon père », souligne-t-il.


Thanh-Tuan et ses collègues lors d’un raccompagnement. Photo : Radio-Canada / Maxime Corneau

Le premier client de la soirée est Thanh-Tuan et ses amis. Les employés d’une compagnie d’assurances terminent leur souper d’employés. « Je ne prends pas mon « char » quand je suis chaud », assure Thanh-Tuan, quelque peu éméché.

La route d’une quinzaine de minutes entre le point A et le point B n’est qu’une pause pour les collègues fêtards. Le trio jovial et souriant retourne célébrer dans un autre bar. « On vous rappelle tantôt », lance Thanh Tuan à Christian en riant, tout en remettant un don de 40 $ au bénévole.

Le don, qui sera remis au Club de natation du Rouge et Or, est généreux, selon Nicolas. Parfois, certains clients n’ont « qu’une poignée de change » à donner. Peu importe; ce sera le même service pour tout le monde. « Si la personne a cinq dollars, elle donne cinq dollars et elle revient chez elle saine et sauve », dit-il.


Des clientes rejoignent leur chauffeur qu’elles ont appelé il y a quelques minutes. Photo : Radio-Canada / Maxime Corneau

Les deux hommes reçoivent leurs affectations du quartier général grâce à une radio. Si tous les appels de la soirée sont différents, les clients sont tous très fiers de faire appel à Nez rouge pour revenir à la maison.

 

Cette fierté n’a pas toujours été présente, selon David Latouche, le directeur communications et marketing de l’Opération Nez rouge. Il explique qu’il a fallu une dizaine d’années avant que les clients appellent le service de raccompagnement sans gêne.

« Ça prend un certain temps avant que les gens acceptent socialement de demander de l’aide », explique-t-il. Selon lui, l’utilisation du service est toujours un peu taboue dans certaines provinces de l’Ouest canadien.


Le dernier transport de la soirée pour Christian et Nicolas. Photo : Radio-Canada

Au Québec, après 33 ans d’existence, c’est tout le contraire. « On le voit sur les réseaux sociaux. Vers 2 h, 3 h du matin, on remarque une pointe de gens qui vont nous dire merci de m’avoir ramené à la maison », souligne David Latouche.

 

La soirée, plus tranquille qu’à l’habitude, s’est terminée vers 1 h 30 pour le duo Guénette. Thanh-Tuan et ses amis n’ont toutefois pas à s’inquiéter pour leur retour à la maison. Les 6500 bénévoles de Nez rouge à Québec sont au bout du fil jusqu’au 31 décembre.


Le duo a amassé 75 $ qui seront remis au Club de natation du Rouge et Or de l’Université Laval. Photo : Radio-Canada / Maxime Corneau

Au Québec, ce sont 40 000 bénévoles qui feront près de 60 000 raccompagnements pendant la période d’activité de Nez rouge. 20 000 raccompagnements sont aussi faits chaque année dans les autres provinces canadiennes.

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